La schizophrénie helvétique: deux ou trois choses que je sais d’elle…

 

Schizophrénie, telle est l’expression forte utilisée il y a 20 ans par le géographe Claude Raffestin pour souligner à quel point la Suisse se complaît dans une position très paradoxale. D’une part, elle donne l’impression d’être restée confinée depuis toujours dans ses frontières étriquées alors que, par ailleurs, l’économie suisse a investi le monde. Comme si la faiblesse relative d’un pays de 8 millions d’habitants en 2008 était compensée par une force économique « diffuse et cachée », une sorte d’« Empire occulte ». Au début du XXIe siècle, la Suisse vient en tête – avant le Japon et les États-Unis – des classements qui mesurent la capacité d’ouverture économique, le dynamisme financier et le degré de compétitivité. Cela s’explique autant par la présence des entreprises suisses à l’étranger que par l’importance des exportations et des investissements directs, réciproquement par la facilité avec laquelle les marchandises et les capitaux affluent à l’intérieur du pays. Curieusement, cette capacité relationnelle et cette facilité d’adaptation à l’économie mondiale coexistent avec une singulière fermeture politique. Les relations politiques à l’intérieur comme à l’extérieur paraissent souffrir de frilosité. De ce paradoxe, les relations avec l’Europe fournissent une bonne illustration : économiquement et juridiquement, la Suisse doit s’aligner en pratique sur l’Union européenne alors que, politiquement, l’adhésion demeure de plus en plus improbable. Peut-être l’écrivain Max Frisch (1911-1991) avait-il raison de penser que, pour les Suisses, ce qui semble raisonnable est d’abord rentable.


 

   

Mercredi 29 novembre 2017 à 19h30

 

François Walter, professeur honoraire d'histoire

 

Entrée libre - collecte

 

Dans le cadre du cycle de conférences CH-Europe : histoire d'une relation

    

Organisation :

Commune de Tramelan

Société jurassienne d'émulation

CIP

 


 


 

 

 

 

 

 

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